Fragonard - Marguerite Gérard. Une révélation, des propositions. Exposition mars 2025 - Catalogue - Page 78
Réflexions sur le parcours singulier de Marguerite Gérard
Dans ces deux tableautins, Marguerite
Gérard adopte une manière proche
de celle de Fragonard pour modeler
la chevelure et les carnations des
garçonnets, rendues par quelques
coups de brosse nerveux et moelleux
(ill. 8). Cette technique contraste
avec la touche dure et le métier
porcelainé que l’on peut observer
dans d’autres scènes de genre très
abouties de l’artiste (ill. 4, 5 et 6).
ill. 7 bis : Marguerite Gérard,
verso de l'ill. 7 (Le Valet d9auberge).
(ill. 7 bis). L’expression « au premier
coup » souligne le caractère spontané
du portrait, ébauché d’un geste
vif et rapide, à l’instar de notre
jeune Marchand d’estampes.
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Les yeux ronds et noirs qui animent
les visages du Marchand d’estampes
et du Valet d’auberge sont une
constante dans les )gures enfantines
de Marguerite Gérard, faisant presque
o,ce de signature18. Par ailleurs,
le dessin anguleux, tout comme la
facture dense et empâtée utilisée pour
le rendu de leurs vêtements évoquent
la série des petits portraits mondains
peints par l’artiste entre 1787 et 1791.
En effet, l’exécution du manteau de
notre modèle et celle du tablier du
18. Carole Blumenfeld, Marguerite Gérard, 1761-1837,
op. cit., pp. 40-41, voir P 48, p. 216.
ill. 8 :
à gauche :
détail de l'ill. 7
(Le Valet d9auberge) ;
à droite :
détail de l'ill. A
(Le Marchand
d'estampes).