Fragonard - Marguerite Gérard. Une révélation, des propositions. Exposition mars 2025 - Catalogue - Page 67
dans l’atelier de Fragonard
ill. 4 : Marguerite Gérard
et Jean Honoré Fragonard,
L9Élève intéressante,
vers 1785-1787,
huile sur toile, 64,6 x 55 cm,
Paris, musée du Louvre.
imbriquée » : il est alors plus di,cile
de dé)nir la part revenant à chacun
dans leur exécution, tant ces tableaux,
grâce à un savant jeu d’ombre et de
lumière mis au point par le maître,
forment un ensemble harmonieux.
Les études récentes ont déconstruit
certains préjugés sur Marguerite
Gérard, présentée par les frères
Goncourt comme une jeune )lle
discrète, limitée par les contraintes
imposées aux femmes de son époque,
ou même comme la maîtresse de
Fragonard. Or, loin d’être une simple
élève assujettie à son brillant beaufrère, elle fut en réalité son alliée, et
l’une des artistes les plus fortunées
et les plus en vue de son temps.
Carole Blumenfeld a démontré
qu’elle était désireuse de mettre en
place des stratégies susceptibles de
conforter sa réputation, comme
adopter des formats standardisés
ou utiliser la gravure pour diffuser
ses compositions. En effet, à partir
de 1786, les estampes de G. Vidal,
H. Gérard et de N. de Launay
popularisent son œuvre auprès d’un
vaste public. Sa collaboration avec
Fragonard ne l’empêche pas d’évoluer
vers un style plus personnel : jouant
sur le goût des amateurs de son
époque pour la peinture hollandaise
du Siècle d’or, elle s’inspire de
Ter Borch ou de Mieris pour les
décors, la )nesse des étoffes et les
visages (ill. 4, 5 et 6). De 1787 à 1791,
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